La rĂ©glementation thermique française impose d’avoir, pour les parois verticales de bois massif empilĂ©, un coefficient surfacique (coefficient Umur) infĂ©rieur ou Ă©gal Ă 0,45 depuis la RT2005. Cette exigence appelĂ©e « garde-fou » est fixĂ©e par rapport Ă des murs constituĂ©s d’Ă©lĂ©ments de structure et dâisolants dans une conception traditionnelle. Remarquons que lâĂ©paisseur totale finale de ces parois extĂ©rieures est supĂ©rieure Ă 35 cm et dĂ©passe souvent 40 cm avec la RT2005. Actuellement, les Ă©paisseurs couramment utilisĂ©es par les fabricants pour les murs des maisons en bois massif vont de 90 mm Ă 156 mm pour les madriers et de 170 mm Ă 220 mm pour les rondins.
Aux Etats-Unis, une Ă©tude rĂ©alisĂ©e par la « National Association of Home Builders North American Log Homes Council » (NAHB, 1991) a montrĂ© que les maisons en bois massif sont au moins aussi efficaces que les constructions Ă ossature bois malgrĂ© un Ă©cart de 44% entre la R-valeur moyenne des murs en bois massif et son Ă©quivalent en murs Ă ossature bois. par ailleurs, la consommation annuelle dâĂ©nergie basĂ©e sur des donnĂ©es mesurĂ©es comparĂ©e avec la simulation numĂ©rique sur ordinateur montre une diffĂ©rence variant de -16% Ă +13%. Selon les rĂ©sultats dâune Ă©tude nord-amĂ©ricaine (Pickett R., 2003) sur la performance Ă©nergĂ©tique des maisons en bois massif, on montre par lâexpĂ©rience, que lâefficacitĂ© Ă©nergĂ©tique dâune maison en bois massif dâĂ©paisseur 17 cm, Ă©gale ou surpasse celui dâune maison Ă ossature bois dâĂ©paisseur 27 cm (mĂȘme de 32 cm en quelques rĂ©gions). Les rĂ©sultats ont conclu que les maisons en bois massif testĂ©es Ă©taient aussi performantes que les maisons bien isolĂ©es de construction conventionnelle, mĂȘme si leur valeur R Ă©tait 44% plus basse que celle des maisons de construction conventionnelle. En pratique, sur la base des besoins Ă©nergĂ©tiques de chauffage et de refroidissement annuels, les maisons en bois massif permettent dâamĂ©liorer les performances de 2.5% jusquâĂ plus de 15% en comparaison avec une maison Ă ossature bois de niveau identique,. En temps rĂ©el, ceci signifie qu’un propriĂ©taire d’une maison en bois massif pourrait Ă©conomiser de $150 Ă $400 par an sur leurs factures de chauffage et de climatisation, tout en maintenant le confort Ă©gal ou supĂ©rieur dans des conditions atmosphĂ©riques rĂ©elles. (Bruch et al.) ont trouvĂ© en 1980 qu’un mur de bois massif d’une valeur thĂ©orique de R-10 a la mĂȘme consommation Ă©nergĂ©tique qu’un mur R-12 Ă colombage durant les mois dâhiver les plus froides. Par contre, la maison de bois massif a utilisĂ© 46% de moins d’Ă©nergie au printemps et 24% de moins en Ă©tĂ©. Ces Ă©tudes semblent donc confirmer que la construction de bois massif est un mode de construction performant tant pour le confort que pour l’Ă©conomie d’Ă©nergie ; sa performance rĂ©elle en comparaison aux solutions de parois comprenant ossature et isolation doit ĂȘtre réévaluĂ©e.
En France et depuis lâapplication de la RT2000, ces rĂ©flexions associĂ©es aux observations faites par les constructeurs sur le terrain ont poussĂ© les institutions Ă mener une Ă©tude sur le sujet. InitiĂ© et financĂ© par la FĂ©dĂ©ration Française du BĂątiment FFB et le rĂ©seau de constructeurs bois AFCOBOIS, le projet « Habitat Bois Massif PERFormant » a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© en collaboration entre le Laboratoire TREFLE, le centre technique COSTIC et le bureau dâĂ©tudes POUGET Consultants et coordonnĂ©e par FrĂ©dĂ©ric Baeten, directeur de Confort Bois. La dĂ©marche dĂ©finie entre les 3 partenaires, a consistĂ© Ă Ă©valuer les performances Ă©nergĂ©tiques rĂ©elles de maisons Bois Massif, et Ă les comparer aux calculs rĂ©glementaires RT2000. Pour ce, des suivis climatiques et Ă©nergĂ©tiques ont Ă©tĂ© faits sur 20 maisons, conçues et rĂ©alisĂ©es par 8 constructeurs diffĂ©rents du rĂ©seau AFCOBOIS (dont Confort Bois) et implantĂ©es sur tout le territoire français. En complĂ©ment, des mesures de thermographie Infrarouge ont permis de prĂ©ciser les niveaux dâisolation et les dĂ©fauts de construction de certaines maisons. Les mesures ont Ă©tĂ© mises en place et supervisĂ©es de fĂ©vrier 2005 Ă avril 2006 avec lâaide des occupants sur des maisons individuelles utilisĂ©es dans des conditions normales. En rĂ©ponse aux attentes des constructeurs et des institutions, lâĂ©tude a donc eu pour objectifs :
. dâĂ©valuer les qualitĂ©s thermiques et les performances Ă©nergĂ©tiques globales des maisons BM dans des situations variĂ©es,
. de mettre en évidence les qualités de confort (toutes saisons) spécifiques à ces constructions,
. de comparer la consommation dâĂ©nergie pour le chauffage mesurĂ©e sur site et les valeurs obtenues par le calcul (mĂ©thodes RT2000 et DEL-2).
Le projet a fait lâobjet dâun rapport final remis en septembre 2006 qui permettra Ă AFCOBOIS, de dĂ©poser prochainement aux institutions, un dossier dâĂ©tudes pour cas particuliers (ANNEXE V de lâarrĂȘtĂ© du 26 mai 2006 fixant la RT2005). Sâappuyant sur les rĂ©sultats de lâĂ©tude, un amĂ©nagement spĂ©cifique sera demandĂ© pour ce type de construction accompagnĂ© dâune mĂ©thode dâĂ©valuation.
Extrait de la thĂšse “CaractĂ©risation hygrothermique, par une approche multi-Ă©chelle d’une maison en bois massif en vue d’amĂ©lioration Ă©nergĂ©tique et de valorisation environnementale”, soutenue par Saed Raji, le 21/12/06, laboratoire TREFLE.