Salon Européen du Bois 2007
Mercredi 21 février 2007Confort Bois sera présent sur le Salon Européen du Bois du 19 au 22 avril 2007 à Grenoble (Alpexpo).
Confort Bois sera présent sur le Salon Européen du Bois du 19 au 22 avril 2007 à Grenoble (Alpexpo).
La question de Gineste qui s’interroge sur le mode de chauffage Ă choisir avec une maison performante soulève un sujet digne d’un article :
La première des choses Ă faire est de recadrer le sujet : les dĂ©penses Ă©nergĂ©tiques d’un foyer englobent le chauffage, bien sur, mais aussi l’eau chaude, les consommations Ă©lectriques liĂ©es aux appareils domestiques et Ă©clairages en tout genre, les chauffages de piscine, et on oublie encore souvent les systèmes de refroidissement.
On traitera ici les systèmes de régulation de la température ambiante : à la fois en chaud, mais aussi en froid, car on oublie encore souvent que nos hivers sont de moins en moins rigoureux et nos étés de plus en plus chauds.
Pour rĂ©duire les dĂ©penses en chaud et froid d’un foyer il existe 2 solutions complĂ©mentaires : ou bien traiter le problème Ă la base en traitant l’enveloppe, ou s’occuper de trouver le système le plus Ă©conome, ou bien, dans le meilleur des cas, faire les deux !
Le système de chauffage et le système de climatisation viennent pallier aux dĂ©fauts du bâtiment. Si une enveloppe n’avait pas de besoin, il n’y aurait pas de système. Evidence qui mĂ©rite d’ĂŞtre prĂ©cisĂ©e. Donc, commencer par penser « chauffage » et « clim’ » est une absurditĂ© : mieux vaut penser « rĂ©duire la demande en Ă©nergie » en tout premier lieu.
Toujours en fonction de l’usage auquel le bâtiment est destinĂ© et de la rĂ©gion oĂą vous construisez, avec une architecture bioclimatique (compacitĂ©, orientation, protections solaires, …) et des matĂ©riaux durables Ă forte inertie correctement mis en Ă…?uvre, vous rĂ©duisez considĂ©rablement les besoins de l’enveloppe Ă la fois en chaud et en froid, et ce, pour longtemps !
A cet instant, les besoins Ă©tant minimisĂ©s, il sera Ă©videmment plus difficile de rentabiliser dans le temps un système onĂ©reux au dĂ©part : plus les besoins Ă©nergĂ©tique d’une habitation sont faibles, moins il est intĂ©ressant (financièrement) d’investir dans un système de chauffage et/ou refroidissement.
Quand un installateur vous parle de coĂ»t annuel en chauffage sur 20 ans, n’oubliez pas d’inclure le coĂ»t d’investissement initial, chose qu’ils font peu souvent. N’oubliez pas non plus qu’il part du principe que vous consommez beaucoup.
Opter pour un système couramment qualifiĂ© « d’Ă©cologique » avec une maison avec de faibles besoins en chaud et froid est une excellente chose d’un point de vue environnemental : l’Ă©nergie consommĂ©e est faible et en plus moins nuisible. IdĂ©al, mais encore très cher malheureusement !
Si on tient compte du paramètre Ă©conomique, Ă choisir, mieux vaut miser sur une enveloppe Ă faibles besoins que sur un système onĂ©reux qu’il va falloir stocker, entretenir, qui a une durĂ©e de vie limitĂ©e, … Avec une maison durable et performante hiver comme Ă©tĂ©, vous ĂŞtes dĂ©jĂ sĂ»r d’avoir besoin de peu d’Ă©nergie, que cela va durer et quelque soit le système de chauffage ou de refroidissement.
Il n’existe pas de système de chauffage idĂ©al, d’autant plus que chaque projet est spĂ©cifique. Mais avant de vous lancer dans un investissement chauffage considĂ©rable, prĂ©fĂ©rez rĂ©duire les besoins et aussi bien en hiver qu’en Ă©tĂ©. Ne perdez pas de vue non plus que vous construisez pour des dĂ©cennies.
Faire un petit effort initial pour augmenter les performances de l’enveloppe du bâtiment vous permet d’avoir la garantie d’une maison confortable toute l’annĂ©e qui vous coutera peu en Ă©nergie, que cela va durer, et ce, quelque soit votre choix de système.
BientĂ´t dans Wood Surfer, un cahier technique retraçant l’ensemble des activitĂ©s de recherche de Confort Bois, portant sur la « CaractĂ©risation hygro thermique, par une approche multi Ă©chelle, de constructions en bois massif en vue d’amĂ©lioration Ă©nergĂ©tique et de valorisation environnementale » (Thèse de Saed Raji, laboratoire TREFLE, UniversitĂ© Bordeaux1, dĂ©cembre 2006).
Ce travail s’appuie sur plusieurs Ă©tudes menĂ©es,
Dans le cadre d’une collaboration entre le laboratoire TREFLE et Confort Bois, entre 2003 et 2006. Les travaux ont Ă©tĂ© financĂ©s par le Conseil RĂ©gional d’Aquitaine (PĂ´le Environnement Aquitain).
Dans le cadre d’une action nationale initiĂ©e par Confort Bois dans l’objectif de gĂ©nĂ©raliser ses Ă©tudes Ă la profession et visant Ă expĂ©rimenter 20 maisons en « bois massif ». Cette Ă©tude a Ă©tĂ© menĂ©e entre 2004 et 2006 par POUGET Consultants, COSTIC et TREFLE, financĂ©e par la FĂ©dĂ©ration Française du Bâtiment, l’association AFCOBOIS (reprĂ©sentĂ©e par Confort Bois) et la RĂ©gion Franche-ComtĂ©.
Afin de gagner en prĂ©cision dans le discours, les spĂ©cialistes des Ă©tudes energĂ©tiques dans le batiment ont pris l’habitude de qualifier une maison qui consomme peu avec des termes techniques spĂ©cifiques. Avec l’augmentation des sources d’information traitant de ce sujet qui nous prĂ©occupe tous d’avantage chaque jour, il devient nĂ©cessaire de bien distinguer ces expressions qui sont aujourd’hui passĂ©es dans le langage courant. Voici donc sous forme de petit lexique, le vocabulaire utilisĂ© pour dĂ©signer des niveaux de performances prĂ©cis :
Maison passive
C’est une maison qui rĂ©pond au label « Passivhaus« .
Bâtiment basse énergie
Un bâtiment pour lequel la consommation en énergie totale pour le chauffage se situe entre 30 et 60 kWh/(m².an).
Bâtiment très basse énergie
Un bâtiment pour lequel la consommation en énergie totale pour le chauffage se situe entre 10 et 15 kWh/(m².an).
Bâtiment à énergie zéro
Un bâtiment qui produit autant d’Ă©nergie qu’il en consomme en utilisant des Ă©nergies renouvelables (panneaux solaires par exemple). Pour cette notion, on compare souvent l’Ă©nergie finale reçue par la maison Ă l’Ă©nergie primaire produite, ce qui n’est pas très correct.
Bâtiment à énergie positive
Un bâtiment qui produit plus d’Ă©nergie qu’il n’en consomme (dans le mĂŞme esprit que les bâtiments Ă Ă©nergie zĂ©ro).
Bâtiment réglementaire
Construction qui respecte la rĂ©glementation thermique en vigueur (actuellement RT2005). Les consommations de chauffage de ces maisons sont de l’ordre de 100 kWh/(m².an)
La rĂ©glementation thermique française impose d’avoir, pour les parois verticales de bois massif empilĂ©, un coefficient surfacique (coefficient Umur) infĂ©rieur ou Ă©gal Ă 0,45 depuis la RT2005. Cette exigence appelĂ©e « garde-fou » est fixĂ©e par rapport Ă des murs constituĂ©s d’Ă©lĂ©ments de structure et d’isolants dans une conception traditionnelle. Remarquons que l’Ă©paisseur totale finale de ces parois extĂ©rieures est supĂ©rieure Ă 35 cm et dĂ©passe souvent 40 cm avec la RT2005. Actuellement, les Ă©paisseurs couramment utilisĂ©es par les fabricants pour les murs des maisons en bois massif vont de 90 mm Ă 156 mm pour les madriers et de 170 mm Ă 220 mm pour les rondins.
Aux Etats-Unis, une Ă©tude rĂ©alisĂ©e par la « National Association of Home Builders North American Log Homes Council » (NAHB, 1991) a montrĂ© que les maisons en bois massif sont au moins aussi efficaces que les constructions Ă ossature bois malgrĂ© un Ă©cart de 44% entre la R-valeur moyenne des murs en bois massif et son Ă©quivalent en murs Ă ossature bois. par ailleurs, la consommation annuelle d’Ă©nergie basĂ©e sur des donnĂ©es mesurĂ©es comparĂ©e avec la simulation numĂ©rique sur ordinateur montre une diffĂ©rence variant de -16% Ă +13%. Selon les rĂ©sultats d’une Ă©tude nord-amĂ©ricaine (Pickett R., 2003) sur la performance Ă©nergĂ©tique des maisons en bois massif, on montre par l’expĂ©rience, que l’efficacitĂ© Ă©nergĂ©tique d’une maison en bois massif d’Ă©paisseur 17 cm, Ă©gale ou surpasse celui d’une maison Ă ossature bois d’Ă©paisseur 27 cm (mĂŞme de 32 cm en quelques rĂ©gions). Les rĂ©sultats ont conclu que les maisons en bois massif testĂ©es Ă©taient aussi performantes que les maisons bien isolĂ©es de construction conventionnelle, mĂŞme si leur valeur R Ă©tait 44% plus basse que celle des maisons de construction conventionnelle. En pratique, sur la base des besoins Ă©nergĂ©tiques de chauffage et de refroidissement annuels, les maisons en bois massif permettent d’amĂ©liorer les performances de 2.5% jusqu’Ă plus de 15% en comparaison avec une maison Ă ossature bois de niveau identique,. En temps rĂ©el, ceci signifie qu’un propriĂ©taire d’une maison en bois massif pourrait Ă©conomiser de $150 Ă $400 par an sur leurs factures de chauffage et de climatisation, tout en maintenant le confort Ă©gal ou supĂ©rieur dans des conditions atmosphĂ©riques rĂ©elles. (Bruch et al.) ont trouvĂ© en 1980 qu’un mur de bois massif d’une valeur thĂ©orique de R-10 a la mĂŞme consommation Ă©nergĂ©tique qu’un mur R-12 Ă colombage durant les mois d’hiver les plus froides. Par contre, la maison de bois massif a utilisĂ© 46% de moins d’Ă©nergie au printemps et 24% de moins en Ă©tĂ©. Ces Ă©tudes semblent donc confirmer que la construction de bois massif est un mode de construction performant tant pour le confort que pour l’Ă©conomie d’Ă©nergie ; sa performance rĂ©elle en comparaison aux solutions de parois comprenant ossature et isolation doit ĂŞtre réévaluĂ©e.
En France et depuis l’application de la RT2000, ces rĂ©flexions associĂ©es aux observations faites par les constructeurs sur le terrain ont poussĂ© les institutions Ă mener une Ă©tude sur le sujet. InitiĂ© et financĂ© par la FĂ©dĂ©ration Française du Bâtiment FFB et le rĂ©seau de constructeurs bois AFCOBOIS, le projet « Habitat Bois Massif PERFormant » a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© en collaboration entre le Laboratoire TREFLE, le centre technique COSTIC et le bureau d’Ă©tudes POUGET Consultants et coordonnĂ©e par FrĂ©dĂ©ric Baeten, directeur de Confort Bois. La dĂ©marche dĂ©finie entre les 3 partenaires, a consistĂ© Ă Ă©valuer les performances Ă©nergĂ©tiques rĂ©elles de maisons Bois Massif, et Ă les comparer aux calculs rĂ©glementaires RT2000. Pour ce, des suivis climatiques et Ă©nergĂ©tiques ont Ă©tĂ© faits sur 20 maisons, conçues et rĂ©alisĂ©es par 8 constructeurs diffĂ©rents du rĂ©seau AFCOBOIS (dont Confort Bois) et implantĂ©es sur tout le territoire français. En complĂ©ment, des mesures de thermographie Infrarouge ont permis de prĂ©ciser les niveaux d’isolation et les dĂ©fauts de construction de certaines maisons. Les mesures ont Ă©tĂ© mises en place et supervisĂ©es de fĂ©vrier 2005 Ă avril 2006 avec l’aide des occupants sur des maisons individuelles utilisĂ©es dans des conditions normales. En rĂ©ponse aux attentes des constructeurs et des institutions, l’Ă©tude a donc eu pour objectifs :
. d’Ă©valuer les qualitĂ©s thermiques et les performances Ă©nergĂ©tiques globales des maisons BM dans des situations variĂ©es,
. de mettre en évidence les qualités de confort (toutes saisons) spécifiques à ces constructions,
. de comparer la consommation d’Ă©nergie pour le chauffage mesurĂ©e sur site et les valeurs obtenues par le calcul (mĂ©thodes RT2000 et DEL-2).
Le projet a fait l’objet d’un rapport final remis en septembre 2006 qui permettra Ă AFCOBOIS, de dĂ©poser prochainement aux institutions, un dossier d’Ă©tudes pour cas particuliers (ANNEXE V de l’arrĂŞtĂ© du 26 mai 2006 fixant la RT2005). S’appuyant sur les rĂ©sultats de l’Ă©tude, un amĂ©nagement spĂ©cifique sera demandĂ© pour ce type de construction accompagnĂ© d’une mĂ©thode d’Ă©valuation.
Extrait de la thèse « CaractĂ©risation hygrothermique, par une approche multi-Ă©chelle d’une maison en bois massif en vue d’amĂ©lioration Ă©nergĂ©tique et de valorisation environnementale », soutenue par Saed Raji, le 21/12/06, laboratoire TREFLE.
Architecture bioclimatique :
En fonction des diffĂ©rentes contraintes liĂ©es au site, on recherchera Ă adapter au mieux la conception de l’enveloppe de façon Ă profiter des apports solaires d’hiver tout en se protĂ©geant des chaleurs estivales. On travaillera l’agencement intĂ©rieur des pièces pour optimiser les conditions de confort (thermique, acoustique, visuel…). Cette approche ne peut ĂŞtre que fortement dĂ©pendante du terrain, de son environnement et du climat sous lequel il se situe.
Matériaux performants :
Les matĂ©riaux de l’enveloppe et leur combinaison sont ensuite optimisĂ©s en fonction des contraintes climatiques rĂ©gionales et de la sensibilitĂ© des maĂ®tres d’ouvrages.
Système de chauffage :
Grâce Ă une architecture bioclimatique et une enveloppe Ă fortes performances thermiques, le plus gros du travail a Ă©tĂ© fait. Ce sont les 2 meilleurs moyens de rĂ©duire les besoins Ă©nergĂ©tiques d’une habitation. A partir de la consommation en chauffage prĂ©vue par les calculs thermiques et diffĂ©rentes campagnes de suivi de mesures, on peut Ă prĂ©sent choisir le mode de chauffage le plus adĂ©quat en terme d’amortissement (sur 15, 10, 20 ans…) en tenant compte Ă la fois du coĂ»t annuel de l’Ă©nergie consommĂ©e, mais aussi du coĂ»t de son installation et de son entretien.
Une habitation intelligente est un lieu de vie confortable qui consomme peu, donc conçue en adĂ©quation avec ses futurs occupants et ses contraintes, aux matĂ©riaux efficaces et systèmes performants, tout en ne perdant pas de vue les aspects d’amortissement financier.